La plupart des arnaques par message reposent sur un lien. Savoir le lire, sans l’ouvrir, est le réflexe qui protège le mieux — et il tient en une règle.
La règle : ce qui précède le premier « / »
Prenez un lien complet : https://www.laposte.fr/suivi/colis?id=123. Tout ce qui se trouve après le premier « / » suivant l’adresse (/suivi/colis…) est un chemin à l’intérieur du site ; il peut contenir n’importe quoi. Le site réel, c’est ce qui précède : www.laposte.fr.
Et dans cette partie, ce qui compte se lit de droite à gauche : laposte.fr est le nom du site, www n’est qu’un préfixe. Le propriétaire de laposte.fr peut créer autant de préfixes qu’il veut — mais personne d’autre ne peut utiliser laposte.fr en fin d’adresse.
Quatre ruses pour la contourner
1. La marque au mauvais endroit. laposte.fr.securite-client.exemple : « laposte.fr » est bien là, mais à gauche. Lu de droite à gauche, le site réel est securite-client.exemple. C’est la ruse la plus courante.
2. La faute de frappe volontaire. lapsote.fr, la-poste-fr.exemple, laposte-colis.exemple. Une lettre inversée, un tiret ajouté, un mot collé. L’œil corrige de lui-même, surtout sur un petit écran.
3. Le lien raccourci. bit.ly/3xYz… ne dit rien de sa destination. Les raccourcisseurs sont légitimes, mais un organisme officiel n’en utilise pas dans un message qui vous demande d’agir.
4. L’adresse rallongée. laposte.fr.suivi.colis.livraison.securite.client.verification.exemple/… : sur un téléphone, l’adresse est coupée à l’écran, et l’on ne voit que le début rassurant. La fin, la seule qui compte, est hors champ.
Le geste simple
Sur un téléphone, appuyez longuement sur un lien au lieu de le toucher : l’adresse complète s’affiche sans l’ouvrir. Cherchez le premier « / », puis lisez ce qui le précède de droite à gauche. Si le nom du site ne correspond pas à l’organisme annoncé, c’est une arnaque — quel que soit le reste du message.
Et si vous n’êtes pas sûr : ne cliquez pas. Ouvrez le site officiel en tapant vous-même son adresse, ou passez par son application. Un vrai colis, une vraie amende, un vrai remboursement s’y trouveront aussi.
Ce que fait ScamRadar
Exactement cette lecture, mais sans se tromper et sans se fatiguer : il isole le site réel, le compare à 190 sites de référence, repère une imitation, une faute de frappe, un raccourcisseur, une adresse rallongée ou des lettres déguisées, et vous montre la destination réelle. Il n’ouvre jamais le lien pour le faire.
Un message vous fait douter ?
Collez-le dans ScamRadar : il l’examine sur votre téléphone, sans rien envoyer.